Mutuelle d'entreprise à la retraite : la loi Évin

À la retraite, votre organisme doit vous proposer de garder votre couverture santé d'entreprise (loi Évin). Conditions, tarifs encadrés 3 ans, pièges.

Par La rédaction MutuelleSimple Mis à jour le 17 juillet 2026

La réponse en bref : quand vous partez à la retraite, votre organisme de complémentaire santé d'entreprise doit vous proposer un contrat individuel de maintien — sans questionnaire médical, sans période d'essai, sans condition de durée (article 4 de la loi Évin). Vous avez 6 mois pour le demander, et son tarif est encadré pendant 3 ans. Mais attention : ce n'est pas toujours la meilleure affaire — comparez avant d'accepter.

Ce que la loi Évin vous garantit au départ en retraite

L’article 4 de la loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989 (dite « loi Évin ») impose une obligation claire : quand des salariés sont couverts collectivement en frais de santé, le contrat doit prévoir « sans condition de période probatoire ni d’examen ou de questionnaire médicaux » le maintien de cette couverture au profit des anciens salariés — notamment les retraités, sans condition de durée.

Trois garanties concrètes en découlent, textes à l’appui :

  • Vous ne pouvez pas être refusé pour raison de santé ou d’âge : ni questionnaire, ni examen, ni période probatoire.
  • L’organisme doit venir vers vous : il est tenu de vous adresser sa proposition de maintien dans les 2 mois suivant la fin de votre contrat de travail (ou de votre portabilité).
  • La garantie prend effet au plus tard le lendemain de votre demande — aucun trou de couverture.

Le délai à ne pas rater : 6 mois

Vous disposez de 6 mois après la rupture du contrat de travail pour demander le maintien — ou, si vous bénéficiez de la portabilité (maintien temporaire des garanties après le départ), 6 mois après la fin de cette portabilité. Passé ce délai, le droit au contrat Évin est perdu ; il vous restera le marché individuel classique, ce qui n’est pas une catastrophe (voir plus bas), mais autant décider en connaissance de cause.

À savoir aussi : en cas de décès de l’assuré, les ayants droit (conjoint, enfants couverts) bénéficient du même droit au maintien pendant au moins 12 mois, avec le même délai de demande de 6 mois.

Le vrai sujet : le tarif — encadré, mais pas comme on croit

Le décret n° 2017-372 encadre le tarif du contrat Évin pendant trois ans (pour les adhésions depuis le 1er juillet 2017) :

Année du contrat ÉvinPlafond tarifaire
Année 1Le tarif global applicable aux salariés actifs
Année 2Ce tarif global +25 % maximum
Année 3Ce tarif global +50 % maximum
EnsuitePlus aucun plafond

Le piège est dans les mots : « tarif global » signifie la cotisation complète du contrat collectif — part employeur comprise. Si votre employeur finançait la moitié de votre mutuelle, votre dépense personnelle peut donc pratiquement doubler dès la première année, tout en restant « au même tarif » au sens du texte. Puis +25 %, +50 %, puis liberté totale.

Accepter le contrat Évin, ou prendre un contrat individuel ?

C’est LA question, et elle mérite une vraie comparaison. L’argument historique du contrat Évin — pas de sélection médicale — a perdu de sa force : aujourd’hui, la quasi-totalité des contrats individuels du marché (environ 95 %, les contrats « solidaires et responsables ») s’adhèrent eux aussi sans questionnaire de santé.

Comparez donc à froid, comme nous le détaillons dans le guide de la mutuelle à la retraite :

  1. Les garanties : le contrat Évin maintient la couverture du collectif — souvent calibrée pour des actifs (maternité, salaires…) et pas toujours optimale pour vos besoins de retraité (optique, dentaire, audition).
  2. Le tarif à 3 ans : demandez le tarif Évin des années 1, 2 et 3, et mettez-le en face de 2-3 devis individuels seniors à garanties comparables.
  3. La réversibilité : dans les deux cas, vous n’êtes pas prisonnier — après un an de contrat, la résiliation est possible à tout moment, sans frais.

Si vous êtes déjà passé à côté

Deux vérifications avant de renoncer : l’organisme vous a-t-il bien adressé sa proposition dans les 2 mois comme la loi l’y oblige ? Et votre délai de 6 mois courait-il depuis la fin du contrat de travail ou depuis la fin de la portabilité ? Si le droit est réellement éteint, le marché individuel reste ouvert sans questionnaire de santé — même après 70 ans.

Sources officielles de cet article

Textes et chiffres vérifiés sur ces sources lors de la dernière mise à jour de l'article. Notre méthode de vérification est publique : Méthode & sources.

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Questions fréquentes

Puis-je garder ma mutuelle d'entreprise en partant à la retraite ?
Oui : l'article 4 de la loi Évin oblige l'organisme assureur à vous proposer un contrat individuel maintenant votre couverture santé, sans questionnaire médical ni période d'essai. Vous avez 6 mois pour en faire la demande.
Le tarif de ma mutuelle loi Évin est-il le même que quand j'étais salarié ?
Pas vraiment. La 1re année, le tarif est plafonné au tarif GLOBAL des actifs — c'est-à-dire cotisation complète, part employeur comprise. Votre dépense personnelle augmente donc souvent dès le départ, puis le plafond passe à +25 % la 2e année, +50 % la 3e, et devient libre ensuite.
Quel est le délai pour demander le maintien loi Évin ?
6 mois après la fin de votre contrat de travail — ou, si vous avez bénéficié de la portabilité, 6 mois après la fin de celle-ci. L'organisme doit de son côté vous adresser sa proposition dans les 2 mois.
Suis-je obligé d'accepter le contrat loi Évin ?
Non, c'est une option. Vous pouvez aussi souscrire n'importe quel contrat individuel du marché — eux aussi sans questionnaire de santé dans l'immense majorité des cas. Comparez les deux avant de décider.